
À la Biennale de São Paulo, Djamila Ribeiro réunit Adilson Moreira et Carla Akotirene pour une nouvelle étape de la Coleção Feminismos Plurais
Une table ronde sur la scène principale de l’événement a mis en lumière les nouvelles éditions de Racismo Recreativo (Racisme récréatif), Interseccionalidade (Intersectionnalité) et Lugar de Fala (La Place de la parole noire), ainsi que la parution d’Amor preto (Amour noir)
Lors de la 28e Bienal Internacional do Livro de São Paulo (28e Biennale internationale du livre de São Paulo), Djamila Ribeiro a réuni Adilson Moreira et Carla Akotirene afin de présenter au public la nouvelle étape de la Coleção Feminismos Plurais (Collection Féminismes pluriels). Organisée le 12 septembre à l’Arena Cultural, la table ronde « Feminismos Plurais: ideias que transformam o Brasil » (« Féminismes pluriels : des idées qui transforment le Brésil ») figurait au programme d’une édition qui a accueilli 760 000 visiteurs en dix jours et réuni 269 exposants, d’après la Câmara Brasileira do Livro (Chambre brésilienne du livre).
Dans une publication sur les réseaux sociaux après la rencontre, la philosophe brésilienne a souligné la présence des deux intellectuels sur le plateau.
« Cela a été très spécial, en tant que coordinatrice de la Coleção Feminismos Plurais, de modérer la table ronde du même nom avec Adilson Moreira et Carla Akotirene. »
La relance de la Coleção Feminismos Plurais, désormais publiée par Rosa dos Tempos, label du Grupo Editorial Record (Groupe éditorial Record), réunit des titres du catalogue dans des versions augmentées et actualisées.
Djamila a inauguré cette nouvelle étape en juin avec l’édition revue et augmentée de Lugar de Fala (La Place de la parole noire), premier titre du projet éditorial. À l’Arena Cultural, elle a annoncé que Carla Akotirene travaillait à une nouvelle édition d’Interseccionalidade (Intersectionnalité), ouvrage de la collection qui analyse la manière dont le racisme, le sexisme et les inégalités de classe s’articulent dans la production d’expériences d’oppression.
Akotirene est venue à la Biennale alors que paraissait Amor preto (Amour noir), publié par Record. Dans cet ouvrage, l’autrice s’appuie sur des expériences personnelles pour aborder les relations amoureuses entre personnes noires, l’affect, l’ancestralité et le racisme.
Adilson Moreira, quant à lui, publiera le 21 septembre la nouvelle édition de Racismo Recreativo (Racisme récréatif). Le volume approfondit son analyse de la reproduction de stéréotypes et de pratiques racistes présentées comme des plaisanteries ou du divertissement. L’ouvrage passe de 224 pages dans l’édition de 2019 à 368 dans sa nouvelle version.
Le concept formulé par le juriste a dépassé les seuls champs universitaire et éditorial. Depuis un amendement adopté en 2023 à la législation brésilienne sur les crimes raciaux, les peines peuvent être aggravées lorsque ceux-ci sont commis dans un contexte ou dans un but de « décontraction, divertissement ou récréation ».
Le Protocolo para Julgamento com Perspectiva Racial (Protocole de jugement dans une perspective raciale) du Conselho Nacional de Justiça (Conseil national de justice) aborde lui aussi le racisme récréatif et s’appuie sur les travaux de Moreira pour analyser la reproduction de l’hostilité raciale sous couvert d’humour.
La présence de Feminismos Plurais à la Biennale de São Paulo met ainsi en regard trois concepts qui structurent des ouvrages centraux de la collection : la position sociale à partir de laquelle les sujets prennent la parole, l’articulation entre différentes formes d’oppression et les mécanismes qui permettent au racisme de se présenter sous les apparences du divertissement.
Revenant sur la rencontre, Djamila a résumé le sens de cette relance :
« La Coleção Feminismos Plurais est de retour, et plus forte ! »
Traduit para IA
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