{"id":6290,"date":"2026-08-23T14:51:25","date_gmt":"2026-08-23T17:51:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/bienal-do-livro-de-brasilia-djamila-ribeiro-transforma-lancamento-da-nova-edicao-de-lugar-de-fala-em-verdadeira-aula-sobre-letramento-racial-e-desafios-do-mercado-editorial\/"},"modified":"2026-08-25T13:40:20","modified_gmt":"2026-08-25T16:40:20","slug":"djamila-ribeiro-litteratie-raciale-brasilia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/fr\/djamila-ribeiro-litteratie-raciale-brasilia\/","title":{"rendered":"Biennale du livre de Bras\u00edlia : Djamila Ribeiro transforme le lancement de la nouvelle \u00e9dition de Lugar de Fala en masterclass sur la litt\u00e9ratie raciale et les d\u00e9fis du march\u00e9 \u00e9ditorial"},"content":{"rendered":"<p dir=\"ltr\"><em>La philosophe br\u00e9silienne a d\u00e9fendu l\u2019\u00e9ducation antiraciste comme une responsabilit\u00e9 de tous les enseignants, racont\u00e9 les coulisses des ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 la t\u00eate de la collection Feminismos Plurais, d\u00e9sormais publi\u00e9e par Editora Record, et est revenue sur la gen\u00e8se de la pr\u00e9face sign\u00e9e par Chimamanda Ngozi Adichie.<\/em><\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Devant un public qui remplissait l\u2019espace ext\u00e9rieur du Museu Nacional da Rep\u00fablica (Mus\u00e9e national de la R\u00e9publique), \u00e0 Bras\u00edlia, lors de la 6e Bienal Internacional do Livro de Bras\u00edlia (Biennale internationale du livre de Bras\u00edlia), Djamila Ribeiro a pr\u00e9sent\u00e9 l\u2019\u00e9dition augment\u00e9e et r\u00e9vis\u00e9e de <em>Lugar de Fala<\/em> (<em>Place de la parole<\/em>), publi\u00e9e en juin par Rosa dos Tempos, label du groupe Record. Neuf ans apr\u00e8s la parution de la premi\u00e8re \u00e9dition, cette nouvelle \u00e9dition est en tourn\u00e9e au Br\u00e9sil, avec des lancements d\u00e9j\u00e0 organis\u00e9s \u00e0 S\u00e3o Paulo, Santos, Belo Horizonte, Paraty et Rio de Janeiro.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Le nouveau volume est sensiblement plus \u00e9toff\u00e9 que l\u2019original. La premi\u00e8re partie a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9e, avec des r\u00e9visions et des mises \u00e0 jour, tandis qu\u2019une seconde section enti\u00e8rement in\u00e9dite a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e. Cette nouvelle version r\u00e9pond \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019examiner la mani\u00e8re dont le concept a circul\u00e9 au cours de ces neuf ann\u00e9es \u2014 une p\u00e9riode durant laquelle il a gagn\u00e9 en visibilit\u00e9, mais a \u00e9galement fait l\u2019objet de simplifications, d\u2019appauvrissements et d\u2019interpr\u00e9tations erron\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans la capitale f\u00e9d\u00e9rale, l\u2019\u00e9change avec le public s\u2019est transform\u00e9 en une v\u00e9ritable le\u00e7on donn\u00e9e par Djamila Ribeiro. La premi\u00e8re question pos\u00e9e par la m\u00e9diatrice de la soir\u00e9e, Ana Helena Rossi, enseignante au Departamento de L\u00ednguas Estrangeiras e Tradu\u00e7\u00e3o (D\u00e9partement de langues \u00e9trang\u00e8res et traduction) de l\u2019Universidade de Bras\u00edlia (Universit\u00e9 de Bras\u00edlia, UnB), a ouvert la voie \u00e0 une r\u00e9flexion sur l\u2019importance de la litt\u00e9ratie raciale au Br\u00e9sil.<\/p>\n\n\t\t<style type=\"text\/css\">\n\t\t\t#gallery-1 {\n\t\t\t\tmargin: auto;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 .gallery-item {\n\t\t\t\tfloat: left;\n\t\t\t\tmargin-top: 10px;\n\t\t\t\ttext-align: center;\n\t\t\t\twidth: 100%;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 img {\n\t\t\t\tborder: 2px solid #cfcfcf;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 .gallery-caption {\n\t\t\t\tmargin-left: 0;\n\t\t\t}\n\t\t\t\/* see gallery_shortcode() in wp-includes\/media.php *\/\n\t\t<\/style>\n\t\t<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-6290 gallery-columns-1 gallery-size-large'><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/fr\/djamila-ribeiro-litteratie-raciale-brasilia\/foto-7-2-2\/'><img width=\"1024\" height=\"616\" src=\"https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/foto-7-1024x616.jpeg\" class=\"attachment-large size-large\" alt=\"\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" aria-describedby=\"gallery-1-6260\" srcset=\"https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/foto-7-1024x616.jpeg 1024w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/foto-7-300x180.jpeg 300w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/foto-7-768x462.jpeg 768w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/foto-7.jpeg 1079w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-6260'>\n\t\t\t\tDjamila e Ana Helena Rossi\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><br style=\"clear: both\" \/>\n\t\t<\/div>\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">En abordant l\u2019\u00e9ducation antiraciste, l\u2019autrice est revenue sur l\u2019une des contradictions qui ont marqu\u00e9 la formation sociale br\u00e9silienne : la construction du racisme accompagn\u00e9e de la n\u00e9gation de sa propre existence. Dernier pays des Am\u00e9riques \u00e0 abolir l\u2019esclavage, le Br\u00e9sil a b\u00e2ti sur ce pass\u00e9 le mythe de la d\u00e9mocratie raciale.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Cela a consid\u00e9rablement entrav\u00e9 notre compr\u00e9hension de ce qu\u2019est la structure raciste dans notre pays. Il est donc tr\u00e8s important d\u2019\u00e9tudier la question raciale, non seulement du point de vue de l\u2019oppression, longtemps ni\u00e9e, mais aussi en int\u00e9grant aux programmes scolaires des bibliographies et des productions intellectuelles de personnes noires. Et pas n\u00e9cessairement des ouvrages qui traitent sp\u00e9cifiquement de la question raciale. Un livre \u00e9crit par une personne noire n\u2019a pas \u00e0 porter sur ce sujet. Nous avons des auteurs noirs dans de nombreux domaines, qui parlent de biologie, de math\u00e9matiques \u2014 j\u2019ai une fille qui \u00e9tudie aujourd\u2019hui les math\u00e9matiques \u2014 et de tant d\u2019autres disciplines. Cela permet \u00e9galement de rompre avec cette tendance \u00e0 nous enfermer dans des cases, comme si nous ne pouvions parler que de certains sujets \u00bb, a-t-elle affirm\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Djamila a soulign\u00e9 l\u2019importance de la loi 10.639, adopt\u00e9e en 2003, qui a rendu obligatoire l\u2019enseignement de l\u2019histoire et des cultures africaines et afro-br\u00e9siliennes dans les \u00e9coles, tout en alertant sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une vigilance permanente.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Dans notre pays, malheureusement, les politiques d\u00e9pendent des gouvernements et ne sont pas des politiques d\u2019\u00c9tat. Il arrive donc que l\u2019on progresse sous un gouvernement avant de reculer sous le suivant. Et c\u2019est ainsi que persiste la difficult\u00e9 \u00e0 consolider des politiques plus profondes et durables. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">L\u2019application de la loi, a-t-elle insist\u00e9, ne peut incomber uniquement aux enseignants noirs ni aux disciplines traditionnellement associ\u00e9es aux questions raciales. Interrog\u00e9e par une personne du public sur le r\u00f4le des enseignants blancs, elle a r\u00e9pondu sans d\u00e9tour :<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Tout le monde a une place de la parole. Il est tr\u00e8s important que les enseignants blancs comprennent que, puisque la loi 10.639 existe, elle doit \u00eatre appliqu\u00e9e par tous les \u00e9ducateurs. On entend parfois cet argument : \u201cAh, mais je suis blanc\u201d, suivi d\u2019une autre d\u00e9formation du concept de place de la parole : \u201cCe n\u2019est pas ma place de la parole.\u201d Vous allez parler, mais depuis une autre position. Si seuls les enseignants noirs ont la responsabilit\u00e9 de mettre en \u0153uvre une \u00e9ducation antiraciste, comment cela pourrait-il fonctionner puisque nous sommes minoritaires ? C\u2019est le r\u00f4le de tous les \u00e9ducateurs \u00bb, a-t-elle expliqu\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">L\u2019autrice a ajout\u00e9 que, de la m\u00eame mani\u00e8re que des auteurs blancs ont fait partie de la formation scolaire et universitaire de diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations, l\u2019\u00e9tude des rapports raciaux et de la production intellectuelle noire doit int\u00e9grer le bagage des enseignants et des professionnels de tous les domaines.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab De la m\u00eame mani\u00e8re que nous avons d\u00fb \u00e9tudier des auteurs blancs europ\u00e9ens, les personnes blanches doivent elles aussi \u00e9tudier la question raciale afin de pouvoir l\u2019aborder en classe et construire une \u00e9ducation qui comprenne v\u00e9ritablement cette multiplicit\u00e9 de voix et de productions \u00bb, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Cette formation, a-t-elle soulign\u00e9, permet de comprendre comment le racisme traverse des d\u00e9cisions qui semblent, \u00e0 premi\u00e8re vue, \u00e9loign\u00e9es des questions raciales.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Peu importe la discipline que vous enseignez. Parfois, des gens me disent : \u201cJe fais des \u00e9tudes de g\u00e9nie chimique. Pourquoi ai-je besoin de savoir cela ?\u201d Parce que vous vivez dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 le racisme structure les rapports sociaux. Imaginez que vous soyez ing\u00e9nieur et que vous deviez d\u00e9velopper, pour une entreprise, un projet au sein d\u2019une communaut\u00e9 autochtone. Si vous ne connaissez pas l\u2019histoire du Br\u00e9sil, vous risquez de ne pas comprendre les cons\u00e9quences de ce travail pour cette communaut\u00e9. Ou pensez aux centres de donn\u00e9es li\u00e9s \u00e0 l\u2019intelligence artificielle, qui consomment d\u2019\u00e9normes quantit\u00e9s d\u2019eau et affectent l\u2019acc\u00e8s de plusieurs communaut\u00e9s \u00e0 cette ressource. Bien s\u00fbr que vous devez conna\u00eetre ces questions, quel que soit votre domaine d\u2019activit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">L\u2019\u00e9ducation antiraciste ne se r\u00e9duit donc ni aux relations interpersonnelles ni \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019enseigner le respect des diff\u00e9rences. Elle doit \u00eatre transversale.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Les gens r\u00e9duisent encore l\u2019\u00e9ducation antiraciste \u00e0 quelque chose comme \u201csavoir bien traiter son petit camarade noir\u201d. Ce n\u2019est pas de cela que nous parlons. Il s\u2019agit de comprendre son r\u00f4le et de voir que cette discussion traverse tous les domaines. Le probl\u00e8me, c\u2019est que la question raciale est g\u00e9n\u00e9ralement trait\u00e9e comme un sujet sp\u00e9cifique. Par exemple, si, au Br\u00e9sil, la majorit\u00e9 des personnes sans domicile sont noires, parler de logement, c\u2019est aussi parler de race. Cela ne peut pas rester cantonn\u00e9 au Minist\u00e9rio da Igualdade Racial (minist\u00e8re de l\u2019\u00c9galit\u00e9 raciale), d\u2019autant plus que son budget est limit\u00e9. De la m\u00eame mani\u00e8re, si de nombreuses femmes ne parviennent pas \u00e0 quitter une relation abusive parce qu\u2019elles n\u2019ont nulle part o\u00f9 aller, parler de logement, c\u2019est aussi parler de la situation des femmes \u00bb, a-t-elle soulign\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Pour Djamila, le r\u00f4le des \u00e9ducateurs blancs consiste pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 \u00e9largir ce r\u00e9pertoire, en cessant de traiter la race et le genre comme des sujets isol\u00e9s ou p\u00e9riph\u00e9riques.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Le r\u00f4le de l\u2019\u00e9ducateur blanc suppose d\u2019acqu\u00e9rir une litt\u00e9ratie raciale et de comprendre qu\u2019il ne suffit pas de lire une demi-douzaine d\u2019auteurs noirs. Il faut construire une vision plus large de ce que signifie l\u2019\u00e9ducation antiraciste. Nous devons comprendre, par exemple, l\u2019impact des barrages hydro\u00e9lectriques sur les communaut\u00e9s autochtones. Cela fait aussi partie de la question raciale. R\u00e9duire ce d\u00e9bat \u00e0 une question simplement \u201cidentitaire\u201d, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ne pas comprendre que nous parlons de structures \u00bb, a-t-elle affirm\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h4>Les d\u00e9fis du march\u00e9 \u00e9ditorial<\/h4>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Premier titre de la collection <em>Feminismos Plurais<\/em> (<em>F\u00e9minismes pluriels<\/em>), <em>Lugar de Fala<\/em> a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 2017 par Letramento avant de rejoindre le catalogue de Janda\u00edra en 2019. La collection r\u00e9unit 14 titres exclusivement sign\u00e9s par des autrices et auteurs noirs.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">L\u2019initiative s\u2019est ensuite \u00e9largie avec la cr\u00e9ation du label Sueli Carneiro, consacr\u00e9 \u00e0 d\u2019autres publications issues de la production intellectuelle noire. Parmi elles figurent <em>Mulheres Quilombolas: Territ\u00f3rios de Exist\u00eancias Negras Femininas<\/em> (<em>Femmes quilombolas : territoires d\u2019existences f\u00e9minines noires<\/em>), sous la direction de Selma Dealdina et r\u00e9unissant les textes de 18 femmes quilombolas ; l\u2019ouvrage jeunesse <em>Betha, a Bailarina Pretinha<\/em> (<em>Betha, la petite ballerine noire<\/em>), de Beth\u00e2nia Nascimento, fille de l\u2019historienne Beatriz Nascimento ; ainsi que la traduction de <em>Black Power<\/em>, de Kwame Ture (Stokely Carmichael) et Charles V. Hamilton.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Entre 2017 et 2024, la collection et le label ont ainsi totalis\u00e9 27 titres publi\u00e9s dans le cadre d\u2019une structure \u00e9ditoriale ind\u00e9pendante.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab C\u2019est \u00e9norme. Monter ce projet n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 facile. J\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment de respect pour le travail des maisons d\u2019\u00e9dition ind\u00e9pendantes au Br\u00e9sil, parce que je connais les difficult\u00e9s auxquelles elles sont confront\u00e9es. Nous avons continu\u00e9 jusqu\u2019en 2024, mais \u00e0 ce moment-l\u00e0, je pensais d\u00e9j\u00e0 \u00e0 abandonner, parce qu\u2019il devenait tr\u00e8s difficile de maintenir le projet, malgr\u00e9 l\u2019impact qu\u2019il avait r\u00e9ussi \u00e0 avoir dans le pays \u00bb, a-t-elle racont\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">La cr\u00e9ation de la collection r\u00e9pondait \u00e9galement aux in\u00e9galit\u00e9s raciales qui caract\u00e9risent le march\u00e9 \u00e9ditorial. Dans la nouvelle \u00e9dition de <em>Lugar de Fala<\/em>, la philosophe revient sur une enqu\u00eate men\u00e9e \u00e0 l\u2019UnB portant sur 689 romans br\u00e9siliens publi\u00e9s entre 1965 et 2014 par de grandes maisons d\u2019\u00e9dition : 90 % de leurs auteurs \u00e9taient blancs et, parmi eux, 70 % \u00e9taient des hommes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab La collection est n\u00e9e en 2017 pr\u00e9cis\u00e9ment dans ce contexte. Ce n\u2019est pas un hasard si nous avons d\u00e9cid\u00e9 de ne publier que des autrices et auteurs noirs. Il \u00e9tait important de contester ce r\u00e9cit et de trouver des moyens d\u2019entrer dans un march\u00e9 aussi ferm\u00e9. Pour cela, je me suis mise \u00e0 \u00e9tudier le fonctionnement m\u00eame du secteur \u00e9ditorial : les librairies, les reversements, les distributeurs, la circulation. Je devais comprendre comment une petite maison d\u2019\u00e9dition ind\u00e9pendante disposant de peu de moyens pouvait permettre \u00e0 ces livres de d\u00e9passer certains cercles. Je ne voulais pas publier des ouvrages pour qu\u2019ils restent dans une sorte de ghetto. Je voulais qu\u2019ils deviennent populaires et touchent des publics divers \u00bb, a-t-elle expliqu\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Cette \u00e9tude du secteur a conduit \u00e0 inverser la logique habituelle des lancements. Plut\u00f4t que les librairies, qui retiennent entre 30 % et 40 % du prix de vente, l\u2019\u00e9quipe a privil\u00e9gi\u00e9 les \u00e9quipements publics et les centres communautaires. Les livres \u00e9taient vendus directement au prix de 19,90 reais, sans frais de livraison.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Cela aussi, c\u2019est de la technologie. Comprendre comment, sans argent, dans une petite maison d\u2019\u00e9dition, nous allons r\u00e9ussir \u00e0 contourner ce blocage \u00bb, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Cette d\u00e9marche r\u00e9pondait explicitement \u00e0 un enjeu d\u2019acc\u00e8s : cr\u00e9er des environnements o\u00f9 le public se sente accueilli et puisse reconna\u00eetre ces \u00e9v\u00e9nements comme des espaces qui lui sont \u00e9galement destin\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Nous avons imagin\u00e9 des mani\u00e8res de rapprocher le public. L\u2019une d\u2019elles consistait \u00e0 financer des exemplaires destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre distribu\u00e9s. Quelqu\u2019un achetait cent livres, par exemple, et nous offrions ces cent exemplaires aux premi\u00e8res personnes arriv\u00e9es au lancement. Il y avait aussi de la musique, de la nourriture, des rencontres avec d\u2019autres auteurs. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait de rompre avec cette image du lancement de livre comme un espace ferm\u00e9, aust\u00e8re, r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 des personnes suppos\u00e9ment tr\u00e8s intelligentes. Nous voulions cr\u00e9er un environnement r\u00e9ellement accueillant. C\u2019\u00e9tait aussi une question d\u2019acc\u00e8s. Les librairies, les universit\u00e9s et certains lieux culturels peuvent \u00eatre intimidants pour les personnes appartenant \u00e0 certains groupes sociaux. Nous voulions donc que les gens qui arrivaient se sentent les bienvenus \u00bb, a-t-elle racont\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En 2024, la collection a rejoint Editora Record. Sur les 14 titres originaux, 10 figurent d\u00e9sormais dans le nouveau catalogue, auxquels s\u2019ajoutent trois titres in\u00e9dits command\u00e9s pour cette nouvelle phase : <em>Sa\u00fade Mental<\/em> (<em>Sant\u00e9 mentale<\/em>), <em>Direitos Sexuais e Reprodutivos<\/em> (<em>Droits sexuels et reproductifs<\/em>) et <em>Transmasculinidade<\/em> (<em>Transmasculinit\u00e9<\/em>). <em>Intoler\u00e2ncia Religiosa<\/em> (<em>Intol\u00e9rance religieuse<\/em>), du professeur et babalorix\u00e1 (pr\u00eatre du candombl\u00e9) Sidnei Nogueira, lanc\u00e9 lors de la Flip 2026 (Festival litt\u00e9raire international de Paraty), a inaugur\u00e9 cette nouvelle phase.<\/p>\n<p dir=\"ltr\" style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-6266\" src=\"https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/foto-3-1024x604.jpeg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"604\" srcset=\"https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/foto-3-1024x604.jpeg 1024w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/foto-3-300x177.jpeg 300w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/foto-3-768x453.jpeg 768w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/foto-3.jpeg 1079w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<h4>D\u2019o\u00f9 l\u2019on parle<\/h4>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Parmi les interpr\u00e9tations erron\u00e9es auxquelles la nouvelle \u00e9dition entend r\u00e9pondre, la plus r\u00e9pandue consiste \u00e0 consid\u00e9rer le concept de place de la parole comme un m\u00e9canisme destin\u00e9 \u00e0 faire taire certaines personnes.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Discuter de la place de la parole, c\u2019est discuter du pouvoir. C\u2019est se demander pourquoi, pendant ma formation en philosophie, on ne m\u2019a pratiquement pr\u00e9sent\u00e9 que la pens\u00e9e d\u2019hommes blancs europ\u00e9ens. Pourquoi n\u2019ai-je pas \u00e9tudi\u00e9 de femmes philosophes, qu\u2019elles soient europ\u00e9ennes, africaines ou latino-am\u00e9ricaines ? Pourquoi ces productions \u00e9taient-elles absentes des programmes ? La place de la parole ne signifie pas faire taire quelqu\u2019un ni l\u2019emp\u00eacher de s\u2019exprimer. Cette interpr\u00e9tation est une d\u00e9formation. Le concept cherche pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 \u00e9largir le nombre de voix reconnues comme productrices de savoir. La question est la suivante : pourquoi ce qui provient de certains lieux sociaux seulement est-il g\u00e9n\u00e9ralement l\u00e9gitim\u00e9 comme savoir ? O\u00f9 sont les productions des peuples autochtones, des femmes, des femmes noires ? Pourquoi ces perspectives ont-elles \u00e9t\u00e9 historiquement exclues ? \u00bb, a-t-elle demand\u00e9.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Dire que le concept sert \u00e0 faire taire certaines personnes constitue, selon les mots de Djamila, \u00ab une inversion logique \u00bb.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Ce que nous remettons en cause, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment un m\u00e9canisme qui fait d\u00e9j\u00e0 taire certaines voix. S\u2019il n\u2019existait pas, j\u2019aurais \u00e9tudi\u00e9, pendant ma formation, des femmes philosophes, des penseuses africaines et d\u2019autres traditions intellectuelles. Le fait que ces productions aient \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement absentes montre d\u00e9j\u00e0 que certaines voix ont \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9es tandis que d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 effac\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">La synth\u00e8se est venue peu apr\u00e8s, dans une formule qui traverse la nouvelle \u00e9dition : \u00ab La place de la parole, ce n\u2019est pas ce que l\u2019on dit, c\u2019est d\u2019o\u00f9 l\u2019on parle. \u00bb<\/p>\n<h4>Les alliances du Sud global<\/h4>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Djamila a conclu son intervention en soulignant l\u2019importance de renforcer les alliances entre les femmes et les intellectuels du Sud global. Cette articulation se concr\u00e9tise dans la nouvelle \u00e9dition de <em>Lugar de Fala<\/em>, qui comporte une pr\u00e9face de l\u2019\u00e9crivaine nig\u00e9riane Chimamanda Ngozi Adichie, qui signe \u00e9galement la pr\u00e9face de l\u2019\u00e9dition anglaise publi\u00e9e par Yale University Press sous le titre <em>Where We Stand<\/em>.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Les deux femmes se sont rencontr\u00e9es en 2022 lors du LER \u2013 Sal\u00e3o Carioca do Livro (Salon du livre de Rio), o\u00f9 Djamila animait la rencontre avec l\u2019\u00e9crivaine nig\u00e9riane. Chimamanda lui avait demand\u00e9 de la rencontrer quelques jours plus t\u00f4t afin de comprendre le fonctionnement du march\u00e9 \u00e9ditorial br\u00e9silien, puisqu\u2019elle n\u2019avait jamais lu d\u2019autrice br\u00e9silienne. Djamila lui a expliqu\u00e9 les difficult\u00e9s auxquelles les Br\u00e9siliennes sont confront\u00e9es pour \u00eatre traduites, en particulier celles qui \u00e9crivent des essais et de la non-fiction.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Lors de l\u2019un de leurs d\u00eeners, Chimamanda a appris que la philosophe allait publier une version anglaise de <em>Lugar de Fala<\/em> et lui a demand\u00e9 son num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone. Lors de leur derni\u00e8re rencontre avant de se quitter, elle a demand\u00e9 \u00e0 Djamila de lui envoyer le livre une fois termin\u00e9, parce qu\u2019elle souhaitait y contribuer. L\u2019autrice s\u2019attendait, tout au plus, \u00e0 recevoir un texte destin\u00e9 \u00e0 la quatri\u00e8me de couverture. Ce qu\u2019elle a re\u00e7u, c\u2019est une pr\u00e9face enti\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Lorsque je suis arriv\u00e9e aux \u00c9tats-Unis, beaucoup de gens me demandaient, surpris : \u201cComment avez-vous r\u00e9ussi \u00e0 obtenir une pr\u00e9face de Chimamanda ?\u201d J\u2019ai fini par r\u00e9pondre : \u201cParce qu\u2019elle n\u2019est pas am\u00e9ricaine.\u201d Je dis cela parce que Chimamanda est nig\u00e9riane. Elle sait ce que signifie arriver aux \u00c9tats-Unis en tant que femme africaine, m\u00eame si elle vient d\u2019un pays colonis\u00e9 par le Royaume-Uni et qu\u2019elle est une autrice anglophone. Aucune Am\u00e9ricaine ne s\u2019\u00e9tait propos\u00e9e de faire quelque chose de comparable pour moi. Chimamanda, avec toute la reconnaissance dont elle b\u00e9n\u00e9ficie, est celle qui m\u2019a tendu la main \u00bb, a-t-elle soulign\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Lorsqu\u2019elle l\u2019a remerci\u00e9e pour la pr\u00e9face, Chimamanda lui a r\u00e9pondu que ce geste ne faisait que lui rendre ce qu\u2019elle-m\u00eame faisait d\u00e9j\u00e0 au Br\u00e9sil en publiant des autrices et auteurs noirs, en faisant conna\u00eetre leur travail et en leur cr\u00e9ant des opportunit\u00e9s. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait de maintenir en circulation ce mouvement de soutien mutuel.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Ce r\u00e9seau se manifeste \u00e9galement par la pr\u00e9sence de Grada Kilomba dans la nouvelle \u00e9dition. Charg\u00e9e du texte de pr\u00e9sentation de l\u2019ouvrage, l\u2019artiste et penseuse s\u2019inscrit dans une relation de collaboration que Djamila construit depuis plusieurs ann\u00e9es. Elle a d\u00e9couvert le travail de Grada en 2014 et, depuis lors, a contribu\u00e9 \u00e0 mieux le faire conna\u00eetre au Br\u00e9sil.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">En r\u00e9unissant Chimamanda et Grada dans cette nouvelle \u00e9dition, Djamila r\u00e9affirme une perspective qui traverse sa propre trajectoire \u00e9ditoriale : cr\u00e9er des r\u00e9seaux dans lesquels les intellectuelles peuvent l\u00e9gitimer, pr\u00e9senter et accro\u00eetre la port\u00e9e du travail les unes des autres. Au-del\u00e0 d\u2019un geste individuel de soutien, il s\u2019agit de construire des voies collectives afin que les productions du Sud global circulent avec davantage de force, aussi bien dans leurs pays d\u2019origine qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<h4>Dans le public<\/h4>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Au premier rang se trouvait K\u00e1tia Schweickardt, secr\u00e9taire \u00e0 l\u2019\u00c9ducation de base au minist\u00e8re br\u00e9silien de l\u2019\u00c9ducation. Elle a soulign\u00e9 la mani\u00e8re dont Djamila aborde des sujets complexes de fa\u00e7on \u00e0 permettre aux gens de les comprendre et de s\u2019y reconna\u00eetre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab C\u2019est un militantisme tr\u00e8s puissant, parce qu\u2019il \u00e9tablit un lien entre la pens\u00e9e scientifique et une science du Sud global, en dialogue avec la science classique, tout en affirmant la puissance de notre mani\u00e8re d\u2019\u00eatre et d\u2019exister en tant que personnes noires, capables de penser et d\u2019\u00e9laborer sur l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, et pas seulement sur les questions raciales \u00bb, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9, avant d\u2019ajouter : \u00ab Au Br\u00e9sil, la race est totalement imbriqu\u00e9e dans la classe et le genre, et nous ne pouvons pas penser le pays \u00e0 partir d\u2019une autre grille que cette grille intersectionnelle. Voir Djamila s\u2019adresser \u00e0 la jeunesse nous rend fiers d\u2019\u00eatre qui nous sommes. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Cristina Guimar\u00e3es, assistante sociale, fonctionnaire et l\u2019une des organisatrices du I Encontro Nacional de Mulheres Negras (1re Rencontre nationale des femmes noires), organis\u00e9 en 1988, a exprim\u00e9 sa satisfaction de reconna\u00eetre, dans le travail de Djamila, la continuit\u00e9 et l\u2019\u00e9largissement d\u2019un combat engag\u00e9 par les g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes de femmes noires, d\u00e9sormais renforc\u00e9 \u00e9galement dans le monde universitaire et la production intellectuelle.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Elle a rappel\u00e9 que des organisations telles que Geled\u00e9s, Criola et le Grupo de Mulheres Negras M\u00e3e Andresa (Groupe de femmes noires M\u00e3e Andresa) sont n\u00e9es ou se sont renforc\u00e9es dans le processus de mobilisation issu des premi\u00e8res rencontres nationales des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Plusieurs organisations sont n\u00e9es de cette premi\u00e8re et de cette deuxi\u00e8me rencontre de femmes noires. C\u2019\u00e9tait une d\u00e9cision ; nous \u00e9tions alors 400 femmes. Ce que nous vivons aujourd\u2019hui est le fruit d\u2019une graine plant\u00e9e \u00e0 cette \u00e9poque. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Jaqueline Nunes, professeure de physique \u2014 et ni\u00e8ce de Cristina \u2014, a d\u00e9couvert le travail de Djamila avec <em>Quem Tem Medo do Feminismo Negro?<\/em> (<em>Qui a peur du f\u00e9minisme noir ?<\/em>).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Nous vivons ces choses, mais nos perceptions sont effac\u00e9es. Les gens pensent que ce sont des b\u00eatises. Et gr\u00e2ce \u00e0 elle, j\u2019ai compris que non, que c\u2019est r\u00e9el, que cela arrive et qu\u2019il faut lutter. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">Andr\u00e9 Adriano, professeur universitaire d\u2019anatomie humaine, suit le travail de l\u2019autrice depuis 2015. Il a estim\u00e9 que la pr\u00e9sence de la philosophe \u00e0 la Biennale de Bras\u00edlia r\u00e9pondait \u00e0 un v\u00e9ritable besoin dans la ville.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">\u00ab Bras\u00edlia manque vraiment de ce type de moment ouvert, culturel, ancr\u00e9 dans nos racines. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement heureux d\u2019entendre certaines choses que nous ignorions, notamment sur son travail et ses liens avec d\u2019autres auteurs et autrices. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"isSelectedEnd\">La s\u00e9ance de d\u00e9dicaces qui a suivi la rencontre a dur\u00e9 plus d\u2019une heure et demie, tandis que tous les exemplaires propos\u00e9s \u00e0 la vente ont \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9s.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s Bras\u00edlia, la tourn\u00e9e doit se poursuivre \u00e0 Bel\u00e9m et dans l\u2019\u00c9tat d\u2019Esp\u00edrito Santo. En septembre, elle passera par Curitiba, Porto Alegre et Recife.<\/p>\n\n\t\t<style type=\"text\/css\">\n\t\t\t#gallery-2 {\n\t\t\t\tmargin: auto;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-2 .gallery-item {\n\t\t\t\tfloat: left;\n\t\t\t\tmargin-top: 10px;\n\t\t\t\ttext-align: center;\n\t\t\t\twidth: 50%;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-2 img {\n\t\t\t\tborder: 2px solid #cfcfcf;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-2 .gallery-caption {\n\t\t\t\tmargin-left: 0;\n\t\t\t}\n\t\t\t\/* see gallery_shortcode() in wp-includes\/media.php *\/\n\t\t<\/style>\n\t\t<div id='gallery-2' class='gallery galleryid-6290 gallery-columns-2 gallery-size-large'><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/fr\/djamila-ribeiro-litteratie-raciale-brasilia\/cristina-e-jaqueline-2\/'><img width=\"577\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cristina-e-Jaqueline-577x1024.jpeg\" class=\"attachment-large size-large\" alt=\"\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" aria-describedby=\"gallery-2-6252\" srcset=\"https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cristina-e-Jaqueline-577x1024.jpeg 577w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cristina-e-Jaqueline-169x300.jpeg 169w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cristina-e-Jaqueline-768x1364.jpeg 768w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cristina-e-Jaqueline-865x1536.jpeg 865w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cristina-e-Jaqueline-1153x2048.jpeg 1153w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Cristina-e-Jaqueline-scaled.jpeg 1441w\" sizes=\"(max-width: 577px) 100vw, 577px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-2-6252'>\n\t\t\t\tCristina Guimar\u00e3es e Jaqueline Nunes\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/fr\/djamila-ribeiro-litteratie-raciale-brasilia\/andre-adriano-2\/'><img width=\"577\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Andre-Adriano-577x1024.jpeg\" class=\"attachment-large size-large\" alt=\"\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" aria-describedby=\"gallery-2-6256\" srcset=\"https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Andre-Adriano-577x1024.jpeg 577w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Andre-Adriano-169x300.jpeg 169w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Andre-Adriano-768x1364.jpeg 768w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Andre-Adriano-865x1536.jpeg 865w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Andre-Adriano-1153x2048.jpeg 1153w, https:\/\/www.djamilaribeiro.com.br\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Andre-Adriano-scaled.jpeg 1441w\" sizes=\"(max-width: 577px) 100vw, 577px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/dt>\n\t\t\t\t<dd class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-2-6256'>\n\t\t\t\tAndr\u00e9 e a irm\u00e3 Andrezza\n\t\t\t\t<\/dd><\/dl><br style=\"clear: both\" \/>\n\t\t<\/div>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La philosophe br\u00e9silienne a d\u00e9fendu l\u2019\u00e9ducation antiraciste comme une responsabilit\u00e9 de tous les enseignants, racont\u00e9 les coulisses des ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 la t\u00eate de la collection Feminismos Plurais, d\u00e9sormais publi\u00e9e par Editora Record, et est revenue sur la gen\u00e8se de la pr\u00e9face sign\u00e9e par Chimamanda Ngozi Adichie. 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